Les journées d’études des 10 & 11 mars 2026 du https://groupe-initiatives.org/-Site-FR- ont rassemblé le 10 mars, 53 personnes en présentiel et en ligne et le 11 mars, 92 personnes en présentiel et en ligne, pour réfléchir aux pratiques et aux enjeux des entreprises sociales de l’Economie Sociale et Solidaire. Cinq (5) pays étaient représentés : Madagascar, Burkina Faso, France, Mali, Sénégal.
L’Aide Publique au Développement est aujourd’hui fragilisée par des coupes budgétaires en Europe et aux États-Unis, ce qui affaiblit la solidarité internationale et la réponse aux crises globales. Cette situation contribue à repenser les approches. Les organisations de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) apparaissent comme des leviers prometteurs, en soutenant des dynamiques locales durables.
L’ESS gagne en reconnaissance internationale, notamment avec son intégration par les Nations Unies comme une solution pour atteindre les Objectifs de Développement Durable. Néanmoins, un décalage persiste entre les discours et les pratiques, les bailleurs restant prudents et les outils financiers encore insuffisants pour soutenir pleinement ces initiatives.
Organisées par le comité de pilotage de la revue Traverses n°55, regroupant quatre (4) membres du Groupe initiatives : https://www.avsf.org/, https://www.entrepreneursdumonde.org/, https://www.geres.eu/ et du https://gret.org/, les journées se sont articulées en plusieurs temps :
1/ Des espaces d’inspiration :
• ESS et solidarité internationale : vers des territoires en réciprocité, Association Xylm. Quentin COQUILLAUD nous a partagé les savoirs produits dans le cadre de travaux de recherche-action impliquant différents territoires et leurs écosystème ESS. https://xylm-asso.fr/documents/publications-xylm/ https://xylm-asso.fr/wp-content/uploads/2025/12/document.pdf
• Pour des dispositifs de financement adaptés, Groupe de Travail de CSUD sur le financement de l’ESS à lucrativité limitée https://www.coordinationsud.org/coordination-sud-2/espaces-de-travail/groupe-economie-sociale-et-solidaire/ Marie ATEBA FORGET d’Entrepreneurs du Monde a expliqué les objectifs du groupe, les enjeux de financement des entreprises sociales et les propositions faites.
https://www.entrepreneursdumonde.org/app/uploads/2026/01/note_ong-csud_recencement-outil-ess-intll-vf.pdf
• Un cadre légal pour l’ESS, témoignage du Sénégal. Arouna BA est revenu sur les spécificités du secteur de l’ESS au Sénégal et les composantes du cadre législatif régissant l’ESS. Ce partage inspirant a motivé les personnes participant.e.s à faire avancer cette réflexion au niveau de Madagascar.
2/ Des temps interactifs :
• Pour se donner des points de repère sur notre sujet d’étude : ceci est d’autant plus important que les notions d’Economie Sociale et Solidaire, d’entreprise sociale, d’entrepreneuriat social sont mobilisées de manière croissante. L’utilisation de ces termes relève parfois d’un simple effet de mode sans pour autant être ancré dans des pratiques authentiques. Il serait vain de penser que l’on a une définition universelle et gravée dans le marbre de l’ESS et de l’entreprise sociale car l’émergence et la définition de ces secteurs et de ces organisations dépendent du contexte culturel, social et de l’histoire, d’un territoire.
• Un débat mouvant pour aborder la notion d’innovation sociale qui est un processus qui nourrit l’Economie Sociale et Solidaire.
• Un puzzle pour naviguer dans l’Economie Sociale et Solidaire, l’entrepreneuriat social et positionner les entreprises sociales dans tout ça.
Et aussi pour revenir sur les 10 cas étudiés à travers la Social Business Scorecard développée par l’association CERISE : Célia FERNANDEZ nous a présenté CERISE et les outils développés de manière collective par l’association. Deux ateliers ont permis de réfléchir aux principes et pratiques des entreprises sociales :
• Quelles finalités viser ? Comment s’assurer que l’entreprise sociale met sa mission en pratique ? Comment assurer une gouvernance transparente, démocratique et participative ? Quels piliers pour les modèles économiques, comment encadrer la lucrativité ?
• Et l’égalité de genre dans tout ça ? Quelles bonnes pratiques émergent sur le plan organisationnel et opérationnel ?
3/ Des moments de restitution et d’échanges :
• Pour tirer des enseignements de l’analyse des 10 entreprises sociales étudiées : A Madagascar : Coop Fanohana, Madacompost, Nutri’zaza, Madagascar, SM3E, Union Magneva Atsignanagna. Au Togo : Assilassimé Solidarité, Auréole Monde Innovation. Au Mali : Green Biz Africa. Au Burkina Faso : Emergence Net. Et au Sénégal : Fansoto.
L’impact sociétal est un objectif essentiel des entreprises sociales à lucrativité limitée. Ces dernières font preuve de beaucoup d’innovations pour toucher les publics les plus vulnérables. Il y a cependant un enjeu à encore mieux formaliser les dispositifs de gestion de l’impact. Comment concilier accessibilité sociale et équilibre financier des entreprises sociales ? Pour atteindre l’équilibre financier ces organisations ont besoin de financements plus accessibles et adaptés selon le stade de leur croissance. Un plaidoyer est nécessaire pour encourager les bailleurs et investisseurs à faire évoluer leurs instruments financiers. Les acteurs et actrices de l’ESS ont besoin d’un cadre législatif qui accompagne les organisations de l’ESS et favorise leur émergence et leur croissance.
• Pour montrer le caractère fondamental de la gestion de l’impact au sein des entreprises sociales : les témoignages de la SIDI, de Nutri’zaza, du Président du Réseau des Coopératives de Commerce Equitable ont permis d’illustrer le cycle de la gestion de l’impact.
Ces journées ont été une réussite, avec des retours positifs des personnes participantes, notamment sur le contenu et les opportunités de forger de nouveaux entre acteurs et actrices mobilisées pour l’ESS. Les travaux viendront nourrir l’édition du prochain numéro de la revue Traverses qui paraitra en juin 2026.